02 octobre 2018

Il parle, Charles, il charme, Charles quand il chante. Et c’est ma phrase condensant salut, respect, hommages et tout un cortège de bons sentiments à la mémoire d’un grand artiste qui ne saurait partir. Il est plutøt question d’une fin de carrière puisqu’au nom de sa positivité post-mortuaire, son oeuvre l’éternise. Monsieur Aznavour, vous avez dans l’une de vos plus belles pièces que, souvent et avec plaisir, j’interprète, vous avez dit:<<Quand je prendrai, solitaire, l’allée simple et sans retour que tout homme de la terre prend un jour, pour aller voir Dieu le père et lui…>>, vous n’avez pas pensé à l’Art, impréné de cette substance de magie de perpétuation, laquelle imbibe toute votre oeuvre et vous éternise. Ainsi collègue, osé-je vous appeler, le verbe ‘Vivre’ ne saurait, pour des âmes comme vous, se conjuguer au passé. Vous avez, à la fin de cette même chanson, exprimé votre doute de la force d’une lettre de créance en vous présentant devant Dieu. Je veux cous rassurer que celle que je vous donne, signée déjà de tous les autres artistes, n’est pas mince, surtout que vous n’avez aucun compte à ce Dieu qui a tout vu et qui vous a guidé tout au long de votre carrière.Cette question de jugement au tribunal n’est tout simplement qu’une ineptie des judéo-chrétiens et les éternels opposant à la liberté de croyance. Les cloches vont carillonner juste pour marquer une étape et pas un départ. Je vous dirai ‘Requiem’ puisque c’est l’heure du repos. La balle lancée, terminera inévitablement, sa course. Anonke stenai, disait Platon. Hé ! Messieurs les croque-morts, pour cette fois, n’oubliez pas que ne vous appelez point ainsi, mais plutøt ‘raccompagnateurs’, ce, jusqu’au départ de ce mec dont la majorité, à raison, se plaigne. Veuillez raccompagner Charles à son lit de repos. C’est le temps de remettre à Prométhée, notre éternel ami, ce qu’il nous a tous donné: l’Art, le feu, la science. Requiem, Charles Aznavour !